lundi 28 juillet 2008

télé réalité : Ko Belgica!


Ils sont marrants sur les chaînes françaises. Il y a cette émission de télé-réalité le vendredi soir : 16 au départ sur une presqu'île des Philippines. Ils vont y rester 40 jours, en tout cas les meilleurs. Et on vous les fait passer pour des super-héros, des survivants. 40 jours sur une île aux plages de sable blanc, avec une eau bleue comme le ciel azur et des palmiers à n'en plus finir en guise de décor. 40 jours à se balader en maillot toute la journée, à faire des courses de radeaux, à se rouler dans la boue pour dire qu'on se salit un peu de temps en temps. Vous appelez ça des héros ? Vous appelez ça des survivants ? Vous voulez savoir ce que sont vraiment des survivants ?

Messieurs les producteurs français, on a un jeu de vraie réalité nettement plus 'hard' à vous proposer: ça s'appelle Ko Belgica. Pendant 60 jours, du 1er juillet au 31 août, 10 millions de héros vont survivre dans des conditions apocalyptiques : pas de lumière, une mousson permanente (que les indigènes appellent « drache »), des températures à vous briser la nuque, des inondations sur l'île des Rouches et même des tremblements de terre.

Dans Ko Belgica, on ne se balade pas à poil sur une plage de sable blanc à se demander si on va manger une noix de coco ou un morceau de requin pour dîner. Non, messieurs les producteurs executive managers, dans Ko Belgica, si t'as pas ton K-Way rembourré avec du papier journal, une bouteille de désinfectant à gargariser et une gaufre brûlante, tu ne franchis pas la journée, dont tu ne sais d'ailleurs quand elle commence ou quand elle finit, la luminosité changeant à peine (on commence même à voir de plus en plus de ces héros, déboussolés, qui tentent de grimper aux réverbères croyant y voir le soleil, comme les papillons de nuit).

Et ça c'est seulement pour l'environnement parce qu'après vous avez la répartition des équipes: les Jaunes au Nord, les Rouges au Sud. On vous promet des affrontements sans fin. Pour les jeux de confort, ne leur faites pas miroiter un aileron de requin ou une nuit dans un hôtel de luxe. Mettez en jeu une petite commune à facilité : la motivation sera totale.

Vous ne nous croyez pas messieurs les producteurs français ? Nous vous en prions, consultez les prévisions météo du week-end. Attention, c'est plutôt gore. Mais vous ne galvauderez plus jamais le mot « survivant » comme avant. (RTL)